{"id":424,"date":"2016-05-13T11:30:49","date_gmt":"2016-05-13T15:30:49","guid":{"rendered":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/?p=424"},"modified":"2017-04-09T12:11:26","modified_gmt":"2017-04-09T16:11:26","slug":"suid085","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/?p=424","title":{"rendered":"J. Adrien-Lafasge, &#8220;Po\u00e8me \u00e9pique improvis\u00e9 par M. Louis Cicconi&#8221;"},"content":{"rendered":"<div id=\"aei-root\" lang=\"en-GB\"><!-- suid=85 --><\/p>\n<dl id=\"aei-dl-meta\">\n<dt>Performer Name:<\/dt>\n<dd>Cicconi; Sgricci; Perfetti; Gianni; Talma; Metastasio <\/dd>\n<dt>Performance Venue:<\/dt>\n<dd> Rome<\/dd>\n<dt>Performance Date:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\">&nbsp;<\/dd>\n<dt>Author:<\/dt>\n<dd>Adrien-Lafasge, J.<\/dd>\n<dt>Date Written:<\/dt>\n<dd>&nbsp;<\/dd>\n<dt>Language:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\"> French<\/dd>\n<dt>Publication Title:<\/dt>\n<dd>Revue Encyclop\u00e9dique<\/dd>\n<dt>Article Title:<\/dt>\n<dd>Po\u00e8me \u00e9pique improvis\u00e9 par M. Louis Cicconi<\/dd>\n<dt>Page Numbers:<\/dt>\n<dd> 42:794-97<\/dd>\n<dt>Additional Info:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\">June 1829<\/dd>\n<dt>Publisher:<\/dt>\n<dd>&nbsp;<\/dd>\n<dt>Place of Publication:<\/dt>\n<dd> Paris<\/dd>\n<dt>Date Published:<\/dt>\n<dd> 1829<\/dd>\n<\/dl>\n<p class=\"aei-one-line-down\"><strong>Text:<\/strong><\/p>\n<blockquote id=\"aei-blockquote\"  lang=\"fr\">\n<p>[794] ROME. &#8212; <i>Po\u00e8me \u00e9pique improvis\u00e9 par<\/i> M. <i>Louis<\/i> CICCONI. &#8212; Il [795] semble qu&apos;un des r\u00e9sultats les plus remarquables de la r\u00e9volution fran\u00e7aise, qui pourrait aussi bien s&apos;appeler r\u00e9volution <i>universelle<\/i>, a \u00e9t\u00e9 cette hardiesse de tentatives en tous genres, cette confiance, par fois un peu aveugle, dans nos propres forces, qui nous pousse vers tout ce qui offre quelque apparence d&apos;un grand succ\u00e8s, et nous inspire je ne sais quel besoin d&apos;aller plus loin que nos pr\u00e9d\u00e9cesseurs. On doit s&apos;applaudir d&apos;une telle disposition des esprits, qui est toujours profitable aux arts, que le but soit atteint ou non. Les improvisateurs se sont montr\u00e9s en Italie d\u00e8s l&apos;\u00e9poque de la renaissance des lettres; mais, si l&apos;on f\u00fbt venu proposer aux plus c\u00e9l\u00e8bres d&apos;entre eux, \u00e0 <i>Gianni<\/i>, par exemple, qui, au commencement de notre si\u00e8cle, excitait l&apos;enthousiasme, beaucoup plus par le choix de ses sujets que par sa mani\u00e8re de les traiter, d&apos;improviser une trag\u00e9die, il e\u00fbt regard\u00e9 la chose comme impossible. M. <i>Sgricci<\/i> s&apos;est charg\u00e9 de lui donner un glorieux d\u00e9menti. Si l&apos;on e\u00fbt demand\u00e9 \u00e0 <i>Perfetti<\/i>, qui re\u00e7ut au Capitole une couronne rarement obtenue, et, s&apos;il faut tout dire, rarement m\u00e9rit\u00e9e, de d\u00e9biter sur-le-champ un po\u00e8me \u00e9pique, il se serait trouv\u00e9 dans un embarras d&apos;autant plus grand, qu&apos;il avait peu d&apos;instruction: M. Cicconi, qui n&apos;en manque pas, a cru pouvoir se hasarder \u00e0 entreprendre ce qui jusqu&apos;ici n&apos;avait pas encore \u00e9t\u00e9 tent\u00e9. Le nom de ce jeune po\u00e8te ne doit pas \u00eatre inconnu aux lecteurs de la <i>Revue<\/i>, car nous avons annonc\u00e9, dans le tems (voy. <i>Rev. Enc.<\/i>,t. XXXVII, p. 474), une brochure remarquable, dans laquelle M. le baron <i>Malvica<\/i> donnait \u00e0 M. Cicconi des conseils et des encouragemens. Les personnes qui ont assist\u00e9 \u00e0 la s\u00e9ance d&apos;improvisation qu&apos;il a donn\u00e9e \u00e0 Rome, le 3 mai, ont pu reconna\u00eetre que ces sages et paternels avis ont \u00e9t\u00e9 fructueux. <\/p>\n<p>Plusieurs argumens ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s; le sort a d\u00e9sign\u00e9 <i>la destruction de Carthage<\/i>. M. Cicconi s&apos;est recueilli un instant, et a commenc\u00e9. Apr\u00e8s avoir expos\u00e9 son sujet, il a d\u00e9di\u00e9 le po\u00e8me \u00e0 madame la marquise <i>Gentilina<\/i> BANDINI-ERRIGHI, femme d&apos;esprit et de talent, qui est elle-m\u00eame auteur de po\u00e9sies fort agr\u00e9ables; il a montr\u00e9 les pri\u00e8res et les pr\u00e9paratifs de guerre faits \u00e0 Rome et \u00e0 Carthage, d\u00e9peint \u00e0 traits hardis les caract\u00e8res de Scipion, d&apos;Amilcar, d&apos;Asdrubal et de sa belliqueuse \u00e9pouse. Le po\u00e8te a fait ensuite appara\u00eetre l&apos;ombre de Didon, qui vient supplier Neptune de soulever ses flots contre les Romains; ce dieu, qui apparemment a perdu sa vieille affection pour les descendans d&apos;En\u00e9e, obtemp\u00e8re au d\u00e9sir de l&apos;ombre irrit\u00e9e; mais V\u00e9nus vient apaiser la temp\u00eate, et Scipion avec ses cohortes aborde en Afrique. Ici commence un [796] \u00e9pisode qui a excit\u00e9 un vif int\u00e9r\u00eat, et qui est, \u00e0 notre avis, ce que le po\u00e8me a offert de plus gracieux et de plus touchant: S\u00e9l\u00e8ne, jeune Carthaginoise, abandonnee le toit paternel pour aller chercher son amant dans les rangs de l&apos;arm\u00e9e; prise par les ennemis, V\u00e9nus la change en statue de marbre, qui reprend la vie lorsque son amant s&apos;approche d&apos;elle: cette fiction a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9e avec un rare bonheur, et a jet\u00e9 quelque chose de riant au milieu de ce que le sujet pouvait offrir de trop sombre. Viennent ensuite les divers combats o\u00f9 se trouvent mis en action les diff\u00e9rens personnages d\u00e9peints au commencement du po\u00e8me: l&apos;on arrive enfin \u00e0 la prise de Carthage, \u00e0 la mort h\u00e9ro\u00efque de la femme d&apos;Asdrubal, et \u00e0 l&apos;hymne que chantent les vainqueurs et qui terminent l&apos;ouvrage d&apos;une mani\u00e8re brillante. L&apos;improvisation a dur\u00e9 deux heures.<\/p>\n<p>Il serait ridicule de chercher dans une composition improvis\u00e9e ce que l&apos;on a droit d&apos;exiger d&apos;un auteur qui con\u00e7oit, m\u00e9dite et \u00e9crit \u00e0 loisir dans le silence et la retraite: d&apos;ailleurs, le charme de l&apos;improvisation est tout fugitif, tout a\u00e9rien, s&apos;il est permis de parler ainsi; ce qui fait que les d\u00e9fauts frappent quelquefois plus que les beaut\u00e9s. L&apos;analyse si \u00e9court\u00e9e, si d\u00e9color\u00e9e que nous venons de donner de la <i>destruction de Carthage<\/i> ne fera que trop conna\u00eetre, que l&apos;invention et la disposition des \u00e9v\u00e9nemens constitutifs de l&apos;action n&apos;offraient rien de bien neuf; le cort\u00e9ge des narrations, des descriptions, des invocations, etc., se pr\u00e9sentait dans l&apos;ordre accoutum\u00e9; pour tout dire, en un mot, les choses se passaient comme dans une infinit\u00e9 d&apos;autres po\u00e8mes; mais, de bonne foi, pouvait-il en \u00eatre autrement? Il nous restera encore assez \u00e0 louer en disant que le po\u00e8te \u00e0 su jeter de l&apos;int\u00e9r\u00eat sur tous ces sujets tant de fois trait\u00e9s: ses \u00e9pisodes ont \u00e9t\u00e9 habilement dispos\u00e9s \u00e0 la mani\u00e8re de l&apos;Arioste, qui se joue si heureusement de la difficult\u00e9 d&apos;interrompre, reprendre, abandonner l&apos;action principale, pour y revenir ensuite sans effort. La diction de M. Cicconi est g\u00e9n\u00e9ralement correcte et exempte de la bouffissure et du clinquant assez ordinaires aux improvisateurs qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 Sgricci. Ses id\u00e9es se d\u00e9veloppent avec facilit\u00e9 et son exprim\u00e9es avec \u00e9l\u00e9gance: ses pens\u00e9es ne manquent pas d&apos;une certaine \u00e9nergie. Il a du feu et du sentiment, ce qui nous d\u00e9termine \u00e0 l&apos;engager \u00e0 improviser de pr\u00e9f\u00e9rence des trag\u00e9dies ou des drames, ce qu&apos;il a d\u00e9j\u00e0 fait avec succ\u00e8s. Dans ces sortes d&apos;ouvrages, l&apos;int\u00e9r\u00eat se maintient mieux, l&apos;attention de l&apos;auditeur est plus occup\u00e9e, il y a de n\u00e9cessit\u00e9 moins de paroles et plus de mouvement. La mani\u00e8re de r\u00e9citer est de la plus haute importance pour un improvisateur; on pourrait [797] donc recommander \u00e0 M. Cicconi, de s&apos;habituer \u00e0 des gestes simples et nobles, de m\u00e9nager mieux sa voix, et de s&apos;exercer \u00e0 en bien conduire les inflexions. Une bonne d\u00e9clamation fait passer bien des endroits faibles, et m\u00eame mauvais. Combien de vers mis\u00e9rables n&apos;ont \u00e9t\u00e9 reconnus pour tels parmi nous, que lorsq&apos;ils ne sont plus sortis de la bouche de notre excellent Talma. <\/p>\n<p>On ne manque presque jamais de terminer les \u00e9loges que l&apos;on adresse \u00e0 un improvisateur, en lui t\u00e9moignant le regret de ne pas le voir consacrer son talent \u00e0 une gloire plus solide et plus durable: nous sommes tout-\u00e0-fait de cet avis; mais nous ne croyons pas cependant, que la po\u00e9sie improvis\u00e9e doive \u00eatre compt\u00e9e pour rien: c&apos;est un des rameaux de l&apos;arbre litt\u00e9raire, il ne faut pas le laisser p\u00e9rir. Engageons les improvisateurs \u00e0 \u00e9crire; \u00e0 la bonne heure: MM. Sgricci et Cicconi ne se feront pas peut-\u00eatre beaucoup prier; car, le petit nombre de po\u00e9sies publi\u00e9 par eux a suffi pour nous prouver qu&apos;ils sont loin d&apos;\u00eatre de mauvais \u00e9crivains: mais gardons-nous d&apos;anath\u00e9matiser et de frapper d&apos;interdit ces inspirations po\u00e9tiques, o\u00f9 l&apos;homme se montre comme hors de lui-m\u00eame et transport\u00e9 dans des r\u00e9gions enchant\u00e9es. M\u00e9tastase aussi \u00e9tait improvisateur, et nous n&apos;avons lu nulle part, que cela l&apos;ait emp\u00each\u00e9 d&apos;obtenir une des places les plus honorables sur le Parnasse moderne. <\/p>\n<p>J. ADRIEN-LAFASGE.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"aei-one-line-down\"><strong>Notes:<\/strong><\/p>\n<div id=\"aei-blocktext\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<dl id=\"aei-dl-meta-unimportant\">\n<dt>Collected by:<\/dt>\n<dd> DP<\/dd>\n<\/dl>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The author compares Cicconi&#8217;s talents with those of various other improvisatori, including Gianni, Sgricci, and Perfetti, noting however that it is Cicconi who first made the successful attempt to improvise an epic poem. The article continues with a description of Cicconi&#8217;s performance (on the subject of the destruction of Carthage), and a discussion of the merits and failings of improvisation more generally. <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[27,134],"tags":[69,70,58,55,73,96],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/424"}],"collection":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=424"}],"version-history":[{"count":14,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/424\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3579,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/424\/revisions\/3579"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=424"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=424"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=424"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}