{"id":444,"date":"2016-05-13T11:39:23","date_gmt":"2016-05-13T15:39:23","guid":{"rendered":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/?p=444"},"modified":"2016-07-24T06:41:54","modified_gmt":"2016-07-24T10:41:54","slug":"suid095","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/?p=444","title":{"rendered":"J. C. L. Simonde de Sismondi, <i>De la litt\u00e9rature du Midi de l&#8217;Europe<\/i>"},"content":{"rendered":"<div id=\"aei-root\" lang=\"en-GB\"><!-- suid=95 --><\/p>\n<dl id=\"aei-dl-meta\">\n<dt>Performer Name:<\/dt>\n<dd> Gianni; Corilla; Bandettini; Fantastici; Mazzei<\/dd>\n<dt>Performance Venue:<\/dt>\n<dd>&nbsp;<\/dd>\n<dt>Performance Date:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\">&nbsp;<\/dd>\n<dt>Author:<\/dt>\n<dd> Sismondi, J. C. L. Simonde de<\/dd>\n<dt>Date Written:<\/dt>\n<dd>&nbsp;<\/dd>\n<dt>Language:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\"> French<\/dd>\n<dt>Publication Title:<\/dt>\n<dd> De la litt\u00e9rature du Midi de l&#8217;Europe<\/dd>\n<dt>Article Title:<\/dt>\n<dd>Litt\u00e9rature Italienne<\/dd>\n<dt>Page Numbers:<\/dt>\n<dd> 3:92-98<\/dd>\n<dt>Additional Info:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\"> 2nd edition<\/dd>\n<dt>Publisher:<\/dt>\n<dd>&nbsp;<\/dd>\n<dt>Place of Publication:<\/dt>\n<dd> Paris<\/dd>\n<dt>Date Published:<\/dt>\n<dd> 1819<\/dd>\n<\/dl>\n<p class=\"aei-one-line-down\"><strong>Text:<\/strong><\/p>\n<blockquote id=\"aei-blockquote\"  lang=\"fr\">\n<p>[92] L&apos;Italie, cependant, poss\u00e8de encore une autre classe de po\u00e8tes, dont le talent fugitif ne laisse apr\u00e8s lui aucun monument, mais cause peut-\u00eatre en revanche, dans le premier moment, une jouissance d&apos;autant plus vive. Nous n&apos;aurions donn\u00e9 qu&apos;une id\u00e9e [93] bien imparfaite de la po\u00e9sie italienne, si nous ne disions aussi quelques mots des improvisateurs. Leur talent, leur inspiration, l&apos;enthousiasme qu&apos;ils excitent, sont des traits caract\u00e9ristiques de la nation. C&apos;est en eux qu&apos;on voit surtout comment la po\u00e9sie est un langage plus imm\u00e9diat de l&apos;\u00e2me et de l&apos;imagination; comment les pens\u00e9es prennent cette forme harmonieuse d\u00e8s leur naissance; comment la musique du langage et le coloris des tableaux sont tellement attach\u00e9s au sentiment, que le po\u00e8te a en vers un esprit qu&apos;il n&apos;aurait point en prose, et que celui qui est \u00e0 peine digne d&apos;\u00eatre entendue quand il parle, devient f\u00e9cond, entra\u00eenant, sublime quelquefois, d\u00e8s qu&apos;il s&apos;abandonne \u00e0 cette inspiration. <\/p>\n<p>Le talent d&apos;improviser est un don de la nature, et un don qui n&apos;est souvent point en rapport avec les autres facult\u00e9s. Quand il se manifeste dans un enfant, on cherche \u00e0 cultiver son esprit par l&apos;\u00e9tude, \u00e0 lui faire conna\u00eetre tout ce qui peut \u00eatre mis au service de la po\u00e9sie, mythologie, histoire, sciences, philosophie: mais le don du ciel lui-m\u00eame, ce second langage plus harmonieux, qui se soumet sans effort \u00e0 la forme technique, on n&apos;y peut rien changer, on n&apos;y peut rien ajouter, et on le laisse \u00e0 lui-m\u00eame pour qu&apos;il se d\u00e9veloppe. Les sons appellent des sons correspondans, les rimes se ran- [94] gent d&apos;elles-m\u00eames \u00e0 leur place, et l&apos;\u00e2me \u00e9branl\u00e9e ne peut se faire entendre qu&apos;en vers, comme une corde sonore lorsqu&apos;elle est frapp\u00e9e, se partage d&apos;elle-m\u00eame en parties harmoniques, et ne peut faire entendre que des accords.<\/p>\n<p>Un improvisateur demande un sujet, un th\u00e8me \u00e0 l&apos;assembl\u00e9e qui doit l&apos;entendre: les sujets de la mythologie, ceux de la religion, l&apos;histoire, et les \u00e9v\u00e9nemens du jour, lui sont sans doute plus souvent offerts que tous les autres; mais ces quatre classes contiennent, apr\u00e8s tout, plusieurs centaines de sujets divers qu&apos;on peut consid\u00e9rer comme rebattus, et il ne faut pas croire qu&apos;on rende service au po\u00e8te en le questionnant sur un sujet qu&apos;il a d\u00e9ja trait\u00e9. Il ne serait pas improvisateur, s&apos;il ne s&apos;abandonnait pas tout entier \u00e0 l&apos;impression du moment, et s&apos;il recourait \u00e0 sa m\u00e9moire, plut\u00f4t qu&apos;\u00e0 son \u00e9branlement. Apr\u00e8s avoir re\u00e7u son sujet; l&apos;improvisateur reste un moment \u00e0 m\u00e9diter, pour le voir sous toutes ses faces, et faire le plan du petit po\u00ebme qu&apos;il va composer. Il pr\u00e9pare ensuite les huit premiers vers, afin de se donner l&apos;impulsion \u00e0 lui-m\u00eame en les r\u00e9citant, et de se trouver par-l\u00e0 dans cette disposition d&apos;\u00e2me qui fait de lui un \u00eatre nouveau. Apr\u00e8s sept ou huit minutes, il est pr\u00eat, et il commence \u00e0 chanter; et cette composition instantan\u00e9e a souvent cinq ou six cents vers. Ses yeux s&apos;\u00e9ga- [95] rent, son visage s&apos;enflamme, il se d\u00e9bat avec l&apos;esprit proph\u00e9tique qui semble l&apos;animer. Rien dans notre si\u00e8cle ne peut repr\u00e9senter, d&apos;une mani\u00e8re plus frappante, la Pythie de Delphes, lorsque le dieu descendait sur elle, et parlait par sa bouche.<\/p>\n<p>Il y a un m\u00e8tre plus facile, le m\u00eame dont M\u00e9tastase s&apos;est servi dans sa <i>Partenza a Nice,<\/i> qui s&apos;arrange avec un air connu sous le nom d&apos;<i>air des Improvisateurs;<\/i> c&apos;est celui qu&apos;ils emploient lorsqu&apos;ils ne veulent point se donner de peine, ou lorsqu&apos;ils n&apos;ont pas le talent de s&apos;\u00e9lever plus haut. Ce sont des couplets de huit vers de sept syllabes, partag\u00e9s en deux quatrains, et chaque quatrain termin\u00e9 par un vers <i>tronco,<\/i> en sorte qu&apos;il n&apos;y a proprement que deux vers de rim\u00e9s par quatrain. Le chant soutient, il affermit la prosodie, et il couvre, s&apos;il le faut, les vers d\u00e9fectueux; en sorte que cette mani\u00e8re d&apos;improviser est \u00e0 la port\u00e9e de gens d&apos;assez peu de talent. Mais tous les improvisateurs ne chantent pas; quelques-uns des plus c\u00e9l\u00e8bres n&apos;ont point de voix, et sont oblig\u00e9s de d\u00e9clamer leurs vers aussi rapidement que s&apos;ils les lisaient; d&apos;ailleurs les plus illustres se font un jeu de s&apos;asservir aux r\u00e8gles de la versification la plus contrainte. Selon la volont\u00e9 de celui qui leur donne un sujet, ils se soumettent ou \u00e0 la rime tierce du Dante, ou aux [96] octaves du Tasse, ou \u00e0 toute autre forme non moins g\u00ean\u00e9e; et cette contrainte de la rime et des vers, semble augmenter leur \u00e9loquence et la richesse de leur imagination. Le c\u00e9l\u00e8bre Gianni, le plus surprenant des improvisateurs, n&apos;a rien \u00e9crit dans le calme du cabinet qui puisse soutenir son immense r\u00e9putation; mais quand il improvise, des tachigraphes saisissent ses vers avec rapidit\u00e9: on les a imprim\u00e9s, et l&apos;on y trouve, avec admiration, une hauteur de po\u00e9sie, une richesse d&apos;images, une force d&apos;\u00e9loquence, quelquefois m\u00eame une profondeur de pens\u00e9es, qui le mettent de niveau avec les hommes qui ont fait le plus d&apos;honneur \u00e0 l&apos;Italie. La fameuse Corilla, qui fut couronn\u00e9e au Capitole, se distinguait surtout par son imagination riante, sa gr\u00e2ce, et souvent sa ga\u00eet\u00e9. La Bandettini de Mod\u00e8ne, \u00e9lev\u00e9e par un j\u00e9suite, apprit de lui les langues anciennes; elle se familiarisa avec les classiques, elle s&apos;attacha ensuite aux sciences, afin d&apos;\u00eatre en \u00e9tat de r\u00e9pondre sur tous les th\u00e8mes qui lui seraient propos\u00e9s, et elle a donn\u00e9 pour nourriture \u00e0 son talent po\u00e9tique une vaste \u00e9tendue de connaissances. La Fantastici, femme d&apos;un riche orf\u00e8vre de Florence, ne s&apos;est point livr\u00e9e \u00e0 des \u00e9tudes si relev\u00e9es; mais elle avait re\u00e7u du ciel une oreille musicale, une imagination digne du nom qu&apos;elle portait, et une facilit\u00e9, une f\u00e9condit\u00e9 [97] que secondait une voix harmonieuse. Madame Mazzei, n\u00e9e Landi, d&apos;une des meilleures familles de Florence, surpasse peut-\u00eatre encore toutes les autres par la fertilit\u00e9 de son imagination, la richesse et la puret\u00e9 de son style, l&apos;harmonie et la parfaite r\u00e9gularit\u00e9 de ses vers. Elle ne chante point, absorb\u00e9e par l&apos;invention, et sa pens\u00e9e devan\u00e7ant toujours ses paroles, elle ne peut soigner sa d\u00e9clamation, et sa r\u00e9citation n&apos;est pas gracieuse; mais d\u00e8s qu&apos;elle commence \u00e0 improviser, la langue la plus harmonieuse prend dans ses vers de nouvelles beaut\u00e9s; on est ravi, on est entra\u00een\u00e9 par ce fleuve magique; on se sent transport\u00e9 dans un nouvel univers po\u00e9tique, et on s&apos;\u00e9tonne de voir les hommes parler ainsi le langage des dieux. Je lui ai vu traiter les sujets les plus inattendus; caract\u00e9riser dans de magnifiques octaves le g\u00e9nie du Dante, de Macchiavel, de Galil\u00e9e; pleurer en rime tierce la gloire pass\u00e9e de Florence et sa libert\u00e9 d\u00e9truite, improviser un fragment de trag\u00e9die sur un sujet que les po\u00e8tes tragiques n&apos;ont jamais trait\u00e9, de mani\u00e8re \u00e0 faire dans un petit nombre de sc\u00e8nes sentir le noeud, et pr\u00e9voir un d\u00e9nouement; remplir, toujours sur les m\u00eames rimes qui lui avaient \u00e9t\u00e9 donn\u00e9es, cinq sonnets diff\u00e9rens, sur cinq sujets oppos\u00e9s. Mais il faut l&apos;entendre elle-m\u00eame pour concevoir le prodigieux empire de cette \u00e9loquence [98] po\u00e9tique, et pour sentir qu&apos;une nation, au milieu de laquelle br\u00fble encore cette flamme d&apos;inspiration, n&apos;a pas accompli sa carri\u00e8re litt\u00e9raire, et est peut-\u00eatre r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 une gloire plus grande que celle qu&apos;elle a d\u00e9j\u00e0 acquise.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"aei-one-line-down\"><strong>Notes:<\/strong><\/p>\n<div id=\"aei-blocktext\">\n<p>&nbsp;<\/p>\n<\/p><\/div>\n<dl id=\"aei-dl-meta-unimportant\">\n<dt>Collected by:<\/dt>\n<dd> DP<\/dd>\n<\/dl>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sismondi provides a description of the art of improvisation as part of a more general exposition of Italian literature. He describes the type of talent required for improvisation, the typical subjects and form of the art, and then names some of Italy&#8217;s most accomplished improvisatori. <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[27,134],"tags":[78,67,91,69,92],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/444"}],"collection":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=444"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/444\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1713,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/444\/revisions\/1713"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=444"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=444"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=444"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}