{"id":498,"date":"2016-05-13T11:58:25","date_gmt":"2016-05-13T15:58:25","guid":{"rendered":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/?p=498"},"modified":"2016-08-23T19:16:25","modified_gmt":"2016-08-23T23:16:25","slug":"suid122","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/?p=498","title":{"rendered":"Charles de Brosses, <i>Lettres famili\u00e8res sur l\u2019Italie<\/i>"},"content":{"rendered":"<div id=\"aei-root\" lang=\"en-GB\"><!-- suid=122 --><\/p>\n<dl id=\"aei-dl-meta\">\n<dt>Performer Name:<\/dt>\n<dd> Perfetti<\/dd>\n<dt>Performance Venue:<\/dt>\n<dd> Siena<\/dd>\n<dt>Performance Date:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\">&nbsp;<\/dd>\n<dt>Author:<\/dt>\n<dd> de Brosses, Charles<\/dd>\n<dt>Date Written:<\/dt>\n<dd> 1739<\/dd>\n<dt>Language:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\"> French<\/dd>\n<dt>Publication Title:<\/dt>\n<dd> Lettres famili\u00e8res sur l&#8217;Italie<\/dd>\n<dt>Article Title:<\/dt>\n<dd>Le po\u00e8te improvisateur<\/dd>\n<dt>Page Numbers:<\/dt>\n<dd>166-68<\/dd>\n<dt>Additional Info:<\/dt>\n<dd class=\"aei-half-line-below\">&nbsp;<\/dd>\n<dt>Publisher:<\/dt>\n<dd>les Amis de l&#8217;histoire<\/dd>\n<dt>Place of Publication:<\/dt>\n<dd>Paris<\/dd>\n<dt>Date Published:<\/dt>\n<dd>1969<\/dd>\n<\/dl>\n<p class=\"aei-one-line-down\"><strong>Text:<\/strong><\/p>\n<blockquote id=\"aei-blockquote\"  lang=\"fr\">\n<p>[166] Le spectacle le plus singulier que nous ayons eu pendant notre s\u00e9jour \u00e0 Sienne, nous a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par le chevalier Perfetti, improvisateur de profession. Vous savez quels sont ces po\u00e8tes qui se font un jeu [167] de composer sur-le-champ un po\u00e8me impromptu, sur un sujet quolib\u00e9tique qu&apos;on leur propose. Nous donn\u00e2mes au Perfetti l&apos;aurore bor\u00e9ale. <\/p>\n<p>Il r\u00eava, t\u00eate baiss\u00e9e, pendant un bon demi-quart d&apos;heure, au son d&apos;un clavecin qui pr\u00e9ludait \u00e0 demi-jeu. Puis il se leva, commen\u00e7ant \u00e0 d\u00e9clamer doucement strophe \u00e0 strophe en rimes octaves, toujours accompagn\u00e9 du clavecin qui frappait des accords pendant la d\u00e9clamation, et se remettait \u00e0 pr\u00e9luder pour ne pas laisser vides les intervalles au bout de chaque strophe. Elles se succ\u00e9daient d&apos;abord assez lentement. Peu \u00e0 peu la verve du po\u00e8te s&apos;anima, et \u00e0 mesure qu&apos;elle s&apos;\u00e9chauffait, le son du clavecin se renfor\u00e7ait aussi. Sur la fin, cet homme extraordinaire d\u00e9clamait comme un po\u00e8te plein d&apos;enthousiasme. L&apos;accompagnateur et lui allaient de concert avec une surprenante rapidit\u00e9. <\/p>\n<p>Au sortir de l\u00e0, Perfetti paraissait fatigu\u00e9; il nous dit qu&apos;il n&apos;aimait pas \u00e0 faire souvent de pareils essais, qui lui \u00e9puisaient le corps et l&apos;esprit. Il passe pour le plus habile improvisateur de l&apos;Italie. Son po\u00e8me me fit grand plaisir; dans cette d\u00e9clamation rapide il me parut sonore, plein d&apos;id\u00e9es et d&apos;images. <\/p>\n<p>C&apos;\u00e9tait d&apos;abord une jeune berg\u00e8re qui se r\u00e9veille, frapp\u00e9e de l&apos;\u00e9clat de la lumi\u00e8re; elle se reproche sa paresse, et va r\u00e9veiller ses compagnes; leur montre l&apos;horizon d\u00e9j\u00e0 dor\u00e9 des premiers rayons du jour, leur repr\u00e9sente qu&apos;elles auraient d\u00e9j\u00e0 d\u00fb conduire leurs tropeaux dans les prairies \u00e9maill\u00e9es de fleurs. Les berg\u00e8res se rassemblent; le ph\u00e9nom\u00e8ne augmente: la foudre du ma\u00eetre des cieux s&apos;\u00e9lance de toutes parts d&apos;un globe obscur qui menace la terre; les vagues enflamm\u00e9es se d\u00e9bordent sur les campagnes: la terreur saisit toutes les berg\u00e8res. Vainement une d&apos;entre elles, plus instruite que les autres, veut expliquer les causes physiques du ph\u00e9nom\u00e8ne; tout fuit, tout se disperse, etc. <\/p>\n<p>[168] Ce canevas tourn\u00e9 po\u00e9tiquement, rempli de phrases harmonieuses, d\u00e9clam\u00e9es avec rapidit\u00e9, jointes \u00e0 la difficult\u00e9 singuli\u00e8re de s&apos;assujettir aux strophes en rimes octaves, jette bien vite l&apos;auditeur dans l&apos;admiration et lui fait partager l&apos;enthousiasme du po\u00e8te. Vous devez croire n\u00e9anmoins qu&apos;il y a l\u00e0-dessous beaucoup plus de mots que de choses. Il est impossible que la construction ne soit souvent estropi\u00e9e et le remplissage compos\u00e9 d&apos;un pompeux galimatias. Je crois qu&apos;il en est un peu de ces po\u00e8mes comme de ces trag\u00e9dies que nous faisons \u00e0 l&apos;impromptu, M. Pallu et moi, o\u00f9 il y a tant de rimes et si peu de raison; aussi le chevalier Perfetti n&apos;a-t-il jamais rien voulu \u00e9crire, et les pi\u00e8ces qu&apos;on lui a vol\u00e9es tandis qu&apos;il r\u00e9citait, n&apos;ont pas tenu \u00e0 la lecture ce qu&apos;elles avaient promis \u00e0 la d\u00e9clamation.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"aei-one-line-down\"><strong>Notes:<\/strong><\/p>\n<div id=\"aei-blocktext\">\n<p>Letter dated October 1739.<\/p>\n<\/p><\/div>\n<dl id=\"aei-dl-meta-unimportant\">\n<dt>Collected by:<\/dt>\n<dd> DP<\/dd>\n<\/dl>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>In a letter, de Brosses describes a performance he witnessed in Siena, by the improvisatore Perfetti. De Brosses states his admiration for the performer&#8217;s skill, but suggests that his poetry would make little sense in writing. <\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[27,134],"tags":[58,64],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/498"}],"collection":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=498"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/498\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2330,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/498\/revisions\/2330"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=498"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=498"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/romanticimprov.utoronto.ca\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=498"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}